La scène de post-générique du dernier épisode du Mandalorien nous l'annonçait avec facas, en s'achevant sur un plan digne de Frazetta. Boba est le nouveau boss de Tatooine, et il tient à le faire savoir.

C'est qui le patron ?

Swimming with sharks

Après s’etre essayé au western et, dans une moindre mesure, au chambara dans le Mandalorien, Star Wars se la joue gangsta dans ce Livre de Boba Fett. Pourquoi pas ? Ming Na-Wen, ancienne égérie d’Urgences et interprète du bras armé de Boba, annonçait la série comme semblable au Parrain. Toutes proportions gardées, le Livre de Boba Fett reprend en effet la structure du Parrain II à travers des flash-backs, et comble le vide entre la présumée mort du chasseur de primes dans le Retour du Jedi et aujourd’hui.

Logiquement, dans ce premier épisode, “un Étranger parmi les Étrangers“, réalisé par Robert Rodriguez, nous assistons ainsi à la fuite de Boba de l’estomac du Sarlacc, où nous l’avions laissé. Malheureusement, celle-ci est un peu vite expédiée, et on aurait apprécié quelque chose d’un peu plus intense et gore, à l’image de la version comics. Ou bien encore comme dans le troisième album d’Aquablue, le Mégophias. Toujours est-il que Boba en a bavé, et les brûlures dues aux sucs digestif du monstre souterrain sont là pour en témoigner.

La suite s’applique à nous décrire sa captivité chez les Tuskens, parallèlement à sa reconquête du territoire de Jabba sur Tatooine. On nage donc, en effet, dans les eaux troubles du film de gangster, sans toutefois toucher à l’élégance du Parrain. Cette logique de reconquête de territoire fait plutôt penser au King of New York d’Abel Ferrara, ou à l’Impasse de Brian de Palma. Boba recrute, rackette, met à l’amende les récalcitrants, dans le contexte original de Tatooine.

Jennifer Beals, qui se porte plutôt bien 39 ans après Flashdance

La goutte de trop

Tout cela est bien sympathique, mais on peut s’interroger sur une énième variation de Star Wars, qui plus est dans le même décor que the Mandalorian (Tatooine). Se pose aussi la question des enjeux : là où Mando devait traverser l’univers pour trouver un refuge à baby Yoda, quel est l’intérêt de régner sur un trou à rats comme Tatooine ? On en vient à s’interroger sur la seule question qui vaille (à moins que je ne sois le seul) : Boba et Fennec couchent-ils ensemble ? Reconnaissons que la série a le mérite d’approfondir la culture tusken, dans la continuité de the Mandalorian.

Sur la forme la production design est nickel, la bande son tente des choses intéressantes, mais tout cela sent le réchauffé. Mais surtout, là où Pedro Pascal imposait son charisme malgré son casque, Temuera Morrison peine à nous embarquer avec lui avec son jeu monolithique et ses “grimaces de combat”. En outre, un certain problème de cohérence se pose lorsque l’homme qui a traqué, cryogénisé et vendu Solo à Jabba nous est présenté comme un homme de respect et compatissant… Allez, à voir tout de même, en pardonnant la faute de goût des Yamakazis, un épisode ne suffisant pas à juger une série.

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Auteur pour plusieurs gammes de jeux de rôle (Wasteland, les Ombres d'Esteren) et Scénariste/Rédacteur pour Jeux de Rôle Magazine.

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