Cours de rattrapage rapide pour adulte sur un shonen qui cartonne tout en ce moment. Demon Slayer : Ma lame dans ta tronche le méchant !

Demon Slayer : c’est quoi?

Demon Slayer ou si tu préfères Kimetsu no yaiba (“La Lame tueuse de démons”) est un manga écrit et dessiné par Koyoharu Gotōge. Plus précisément c’est un shonen, un récit pour jeune ado de 12 à 16 ans. Au japon il est prépublié dans le Weekly Shonen Jump de la Shueisha, en France on le trouve chez Panini Manga. Et c’est un carton international, avec sa série en animé et en film (pour une qualité de niveau Oulala mazette ça bouge bien que c’est bô !).

Alors du coup, qu’est-ce que ça raconte comme histoire ? On suit les pérégrinations du jeune Tanjiro qui cherche à rendre son humanité à sa petite sœur, Nezuko, devenue un démon. La trame scénaristique est ultra classique shonenienne (oui, j’invente des mots, et alors?). Des gentils-gentils vont s’entre-tuer avec des méchants-méchants. En plus le héros va se faire des potes et devenir de plus en plus fort jusqu’à affronter le grand méchant.

Du coup, vous me direz, pourquoi perdre du temps à lire ou regarder Demon Slayer si c’est sans surprise ? Alors, déjà, j’ai pas dit que c’était sans surprise. Mais surtout son succès ne provient pas tant de l’histoire racontée, que de comment elle est racontée et avec quelles nuances. Là ça devient original et subtil.

Demon Slayer propose une relecture des fondamentaux du shonen.

La figure du héros

L’essence de l’histoire d’un shonen c’est quoi ? C’est toujours un apprentissage de soi et du monde, c’est-à-dire la transition du héros de l’enfance à l’âge adulte (et par identification du lecteur…). Pour porter ce récit, on a l’archétype du héros de shonen bourrin, affamé, passablement stupide, armé de sa détermination inflexible à vouloir être le plus fort et du pouvoir de l’amitié (Natsu, Goku, Luffy, Naruto, Asta… vous voyez l’archétype ? Ils sont légion).

Tanjiro c’est pas ça, c’est pas ça du tout ! De base ce personnage aspire simplement à vivre tranquille avec les gens qu’il aime. Lui, justement, il vivait heureux dans son coin, malgré la mort prématurée de son père et l’état de pauvreté de sa famille. Quant soudain le malheur frappe, sa mère, ses frères et sœurs sont tous massacrés. Seule la petite Nezuko survit, transformée en démon affamé de chair humaine. L’unique espoir pour la sauver est de tuer le démon originel, le père de tous les démons et accessoirement le plus puissant. Ainsi Tanjiro rejoint l’organisation des chasseurs de démons, pas par désir de vengeance, mais par devoir envers sa sœur.

C’est un héros empathique, intelligent et mesuré. Mi Shun, mi Charles Ingalls. C’est son humilité et son ouverture aux autres qui nous offre l’accès au thème de fond de l’œuvre : le rapport de l’être humain à sa souffrance et son malheur.

Tanjiro et Nezuko : un héro attentionné.

L’intrigue initiatique

Bien sur l’intrigue nous propose les poncifs du genre. Des démons de plus en plus forts et charismatiques, des nouvelles techniques qui déchirent tout, une galerie de personnages secondaires haut en couleurs, un mystère de fond sur l’origine de Tanjiro…

Pourtant la première différence s’impose. Ici les gentils peuvent perdre, ils peuvent même mourir. Même lorsqu’ils gagnent il y a un lourd tribut à payer, rien n’est facile. Il y a une souffrance à accepter pour parvenir, un malheur à porter. Le scénario, les dialogues et les personnages permettent de faire ça délicatement. Pas de surenchère de corps ou de pathos écrasant, non. C’est une sourde mélancolie qui parcoure l’œuvre, invitant à dépasser sa peine et ses regrets pour trouver l’espoir.

Un trait fluide et épuré.

Un parfum de tristesse

Car il se dégage de l’ensemble du manga ce sentiment de mélancolie lancinante, mélange d’amertume et d’espoir. L’histoire, les personnages, le trait des dessins sont autant d’éléments qui nous submergent de cette émotion en demi-teinte. Si la vie des protagonistes est pleine de cette tristesse et jonchée de regrets, celle des antagonistes l’est tout autant. Pourtant, si une ressemblance lie les uns et les autres dans la douleur, il ne s’agit pas d’une mise en perspective ou mon ennemie se découvre comme mon altérité entière, comme un simple “autre moi”. C’est justement un “autre moi” alternatif, un “ce que j’aurais été avec d’autres choix”.

Là on entre au cœur du sous-texte de Demon Slayer. Car ce qui différencie les personnages des héros de ceux des démons c’est ce qu’ils font de leurs douleurs. Là où les uns ancrent leurs déterminations les autres se consument dans la haine. Là où certains protègent leurs semblables d’autres les dévorent. Oui, Demon Slayer c’est une métaphore de la vie, face aux malheurs inévitables. Soit l’on grandit dans la recherche du bonheur simple de ses proches, soit l’on choisit la colère et la vengeance qui ne mènent qu’à plus de souffrances.

Demon Slayer ça raconte aux gamins que s’aigrir en vieillissant n’est pas souhaitable, et plus important encore que ce choix s’effectue dans l’épreuve des déboires de l’existence.

Des méchants détruits et malheureux...

Dernier avertissement !

Si le manga papier est fini au japon et au tome vingt en France chez Panini manga. L’animé, lui, est encore en cours. Pour ce dernier ne vous faites pas avoir, les saisons étant séquencées avec des sous-titres on s’y perd facilement !

Demon slayer : Kimetsu no yaiba est la première saison, en vingt-six épisodes. Elle pose les bases de l’histoire, introduit les protagonistes et les enjeux.

Demon slayer : Le train de l’infini est la seconde partie en sept épisodes, mais existe aussi sous forme d’un film d’animation. Là on entre dans le domaine des gros balèzes, désormais nos jeunes héros côtoient les maîtres de l’organisation et combattent des démons surpuissants – les lunes supérieures ! Pour une histoire de train hanté…

Enfin la troisième partie se nomme Demon slayer : Le quartier des plaisirs, en onze épisodes, où l’on se rapproche de plus en plus du grand méchant, pour un récit d’infiltration matinée d’enquête dans le quartier des geishas.

Voila, vous êtes au point, vous pouvez commencer la découverte dans le bon ordre !

En conclu?

Un message simple, beau et profond pour un jeune (et moins jeune) publique.

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Dresseur de fourmis. Fondateur de l'Ordre du Saint Mont d'Or. Sculpteur sur glace vanille chocolat.

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