Actuellement en financement sur game on tabletop, Héros d'Argile vous propose de vivre des histoires de super héros, des histoires différentes de super héros ! J'ai pu le tester avec ses auteurs, voici donc une petite présentation et un retour des sensations du jeu.

De quoi ça parle?

Le petit dernier né de Manon et Simon Li se nomme Héros d’Argile, on y joue des histoires de Super Héros, mais sous l’angle de leurs quotidiens et de leurs humanités. Il vous propose ainsi de raconter l’ascension, les amours, les haines et peut-être la chute d’un Super Héros. Ça forme est peu commune puisque ici point de meneur mais une distribution des rôles de héros, vilain et sidekicks. Le tout sur un système très simple utilisant les dès 6 et mécaniquement basé sur les relations et souvenirs qu’aurons créé les participants – jamais sur la notion de puissance du Héro.

Mettons les pieds dans le plat dès à présent. Si l’on peut jouer certaines scènes de bagarre super héroïques avec rayons laser et slips volants, ce n’est pas le propos de fond du jeu. Héro d’Argile parle des doutes, des fissures et des ratés de l’être humain. Ce jeu se tourne totalement vers le plaisir d’interprétation et de questionnement des personnages. Les véritables ennemis du Héros sont le doute, l’usure, la dépression !

C’est cela que vous propose de mettre en scène Héro d’Argile. L’ambiance qui en découle est donc forcément teintée de spleen, de mélancolie et de doutes existentiels.

Comment fonctionne tout ça ?

Les joueurs se répartissent les rôles de Héros, Vilain et Sidekick. Ils déterminent ensemble l’univers et le contexte de leurs personnages. Puis chacun leurs tours il mettent en scène des séquences de jeu qui peuvent être des temps de mission, de quotidien ou de machination du vilain dans l’ombre. Les joueurs se partagent la création de l’histoire et sont pour ainsi dire tous tour à tour le meneur de jeu. Pour éviter un beau bazar, les types de scène et leurs successions sont légèrement codifiées par le jeu. Plutôt qu’un long discours voici le résumé de comment se répartissent les différents types de scènes et qui les met en place.

Héros d’Argile se veut être un jeu jouable de 3 à 7 joueurs. Comme nous l’avons dit précédemment il existe trois types de rôle à interpréter. Un joueur incarne le Héros, un joueur incarne le Vilain et les autres joueurs incarnent les Sidekicks. Chaque rôle a ses mécaniques propres et son poste dans l’équipe, le joueur Héros n’est pas contre le joueur Vilain, ils racontent ensemble une même histoire.

Le joueur qui incarne le Héros est en charge du personnage central au récit, il gère les Questionnements qui empêchent le Héros de s’accomplir et a besoin de l’aide des joueurs Sidekicks pour les dépasser. Les joueurs qui incarnent les Sidekicks ont non seulement la charge de leur personnage mais aussi celle de cadrer les Scènes du Quotidien dans lesquelles les protagonistes interagissent. Le joueur qui incarne le Vilain propose les obstacles et construit le personnage de l’Antagoniste au fur et à mesure de la partie, en miroir du Héros.

Les remembrances! Pardon? Les quoi?

Les remembrances… Instant Académie Française : “Le nom remembrance est aujourd’hui considéré comme littéraire ou vieilli. Remembrance est dérivé de l’ancien français remembrer, « se souvenir », il est  déjà présent dans la Chanson de Roland.” Dans la mécanique du jeu, les remembrances sont les souvenirs créés en cours de partie qui lient le Héros à ses Sidekicks. Les joueurs se les distribuent librement les uns aux autres. Ces souvenirs renforcent les chances du Héros de gagner le droit au contrôle de la narration lors de désaccords avec le joueur du Vilain sur cette dernière, mais au détriment de la sécurité des personnages Sidekicks.

Ce système est la force et la faiblesse du jeu. Si les joueurs n’ont pas clairement compris que l’objectif de la partie est une histoire sur l’intimité du Héros, qu’il est destiné à être au cœur du récit partagé. Que ce dernier a comme sujet explicite les doutes, interrogations et blocages du Héros. Ils peuvent alors être chiche du partage de remembrances, nuire gratuitement aux autres personnages, focaliser la narration excessivement sur eux… des attitudes qui vous garantirons une mauvaise expérience d’Héros d’Argile. L’objectif n’est pas que le joueur du Héros massacre tous les protagonistes mis en place par le joueur du Vilain. Si tout le monde a compris l’enjeu de la partie le système s’efface vite sous la circulation de la parole et des idées du groupe. Une excellente partie peu très bien se conclure sur l’abandon par le Héros de la cape et de ses rêves de justice. Une bonne partie se définirait par le plaisir d’une construction d’histoire surprenante et satisfaisante pour tous les joueurs, ni plus, ni moins.

Finalement, tout ça c’est pour qui?

La pub du crowdfunding vous indique que ce jeu est “pour tous les profils de joueur”. J’oserais commenter par un: Oui, mais non pas du tout! Et apporter ce léger correctif “pour tous les profils de joueur qui aiment la narration partagée et les séances de roleplay profondes et sincères sur les sentiments de leurs personnages!”. Ok, tout publiciste me soulignera que c’est une phrase beaucoup trop longue et que c’est nul pour une campagne de promo… c’est vrai, mais c’est quand même plus précis et plus proche de la réalité d’Héros d’Argile.

Si votre plaisir c’est de poutrer des streums, de séduire toutes les serveuses d’auberge avec un charisme de 14+ et de ne jamais au grand jammmmais évoquer les sentiments de vos personnages, ce jeu n’est pas pour vous! Si vous en avez marre de subir des histoires répétitives de sauvetage de princesses / villages / royaumes / univers (rayer la mention inutile) ou la profondeur de votre personnage se traduit par les 24 pages de feuilles de perso – pouvoirs – matos à viander, ce jeu est une nouvelle alternative intéressante à découvrir pour vous!

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Spécialité(s) :

Jdr, youtuberies, trucs et machins!

Dresseur de fourmis. Fondateur de l'Ordre du Saint Mont d'Or. Sculpteur sur glace vanille chocolat.

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