Car ``Cher journal... Va te faire foutre!``. Il y a des séries qui accrochent dès les premières secondes. ``I am not okay with this`` en fait indéniablement partie. Présentée comme un mix entre ``Stranger Things`` et ``The end of the F***ing world`` , il est surtout difficile en la regardant de ne pas penser à ``Carrie au bal du diable``.

Dès la scène d’introduction, on est happé en voyant l’héroïne déambuler dans la rue, sous le choc, le visage et sa robe de bal blanche maculés de sang. Le cinéphile qui demeure hanté par la performance de Sissy Spacek dans le film de Brian de Palma (et qui aura sans doute été âprement déçu par le remake avec Chloé Moretz), retient son souffle. Car, au beau milieu de cette toile écarlate, le regard bleu saisissant de l’actrice Sophia Lillis aimante déjà le sien. Coupe à la garçonne, Dr Marteens aux pieds et plaques militaires autour du cou, son personnage serait-il une Carrie, nouvelle génération ?

A la fin il y a peu de chance pour que vous ne soyez pas surpris

La série nous épargne de tourner du pot et offre un début de réponse dès le premier épisode. Sidney, ado solitaire et mal dans sa peau, qui a du mal à surmonter la mort de son père, a de bonnes raisons d’avoir l’impression que sa vie se fissure. Pour savoir ce qui s’est exactement passé le soir du bal, en revanche, il faudra attendre la fin de la saison. Mais rassurez-vous, à raison de 7 épisodes d’une vingtaine de minutes à peine (que l’on enchaîne rapidement, tant on est pris par l’histoire…), la réponse arrive rapidement.

©Netflix

Le risque avec une œuvre faisant un peu trop penser à d’autres est de plaire sans surprendre, surtout quand arrive LA fameuse scène de conclusion que l’on attend depuis cette entrée en matière sanglante. En l’occurence, on vous rassure donc, il y a très peu de chance pour que vous ne le soyez pas ! Et cela vaut si vous avez déjà lu le roman graphique de Charles Forsman, dont est tiré I am not okay with this. Les deux ayant une fin sensiblement différente, il y a de quoi être surpris.

Des références au ``Carrie`` de Brian de Palma, à ``Breakfast Club``, à John Carpenter et David Cronenberg...

Mais excepté ce fil rouge (sang) tenant en haleine, qu’est-ce qui séduit tant dans cette série en fin de compte ? Le programme est tout simplement bien écrit, bien réalisé, avec des personnages marginaux attachants. L’histoire mêle habilement drame, humour et fantastique. A l’arrivée, plutôt que de simplement surfer sur la mode des comics et des super-héros, les pouvoirs de Sidney, comme dans le Carrie de Stephen King, sont surtout l’occasion de développer une métaphore des transformations à l’adolescence. Même si on vous l’accorde, ça n’a rien de nouveau dans le paysage audiovisuel (coucou à Buffy contre les vampires), ça n’en reste pas moins bien fait et efficace.

La série ne se contente pas de surfer sur la mode des comics et des super-héros

Bien que ce soit aussi une recette plutôt facile, avoir choisi de jouer sur la corde nostalgique du téléspectateur était également une bonne idée. Ici, les hommages concernent principalement le cinéma des années 80. Comme c’est le cas dans le roman graphique, le réalisateur ne cache pas s’être inspiré de John Hugues (Breakfast Club) et autres « teen movies ». Mais aussi au cinéma de genre, de John Carpenter à David Cronenberg (Scanners), en passant donc par Brian de Palma (mention spéciale au costume de soirée de Stanley).  Du côté des effets spéciaux, plutôt que d’avoir trop recours au numérique, les méthodes à l’ancienne ont également été privilégiées. Tout cela donne une patte spéciale à cette série et explique qu’une fois arrivé à la fin du dernier épisode, on ressent déjà une sensation de manque… Espérons que Netflix commande une saison 2 très vite !

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Tourisme, séries, cinéma, manga, animation, littérature, expositions...

Cinéphile, sérivore, bibliophile et passionnée de photographie, Marie Carbonnier aime suivre l'actualité des expositions ou événements geek-friendly. Globe-trotteuse et passionnée du Japon, elle s'occupe de la rubrique tourisme du magazine Geek et écrit également pour le magazine Coyote.

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